La Banque centrale européenne (BCE) a admis être dans l’incapacité d’évaluer pour l’instant les répercussions économiques du conflit iranien sur la zone euro. Cette position prudente reflète l’incertitude qui règne actuellement sur les marchés concernant l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient.
Une position d’attentisme compréhensible
L’institution monétaire européenne adopte une posture d’observation face à ce conflit dont les contours et la durée restent difficiles à anticiper. Les banques centrales ont besoin de données tangibles et d’un horizon temporel suffisant pour modéliser l’impact d’événements géopolitiques sur leurs variables macroéconomiques clés : inflation, croissance, emploi et stabilité financière.
Les canaux de transmission à surveiller
Plusieurs mécanismes pourraient affecter l’économie européenne. Le prix du pétrole constitue le canal le plus direct, l’Iran étant un acteur majeur sur le marché énergétique mondial. Une perturbation des approvisionnements ou une fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 21% du pétrole mondial, provoquerait une flambée des cours. Les chaînes d’approvisionnement internationales pourraient également subir des disruptions, ravivant les tensions inflationnistes que la BCE tente de maîtriser.
Impact sur les marchés financiers
Les marchés boursiers européens ont déjà manifesté une certaine nervosité face à cette escalade, tandis que les valeurs refuges comme l’or et le franc suisse connaissent un regain d’intérêt. Du côté des cryptomonnaies, le Bitcoin a montré une relative résilience, certains investisseurs le considérant comme une protection contre l’instabilité géopolitique. Les marchés obligataires anticipent un possible report des baisses de taux si l’inflation énergétique se ravivait, ce qui pourrait peser sur les actifs risqués, actions comme cryptoactifs.
La BCE devra probablement attendre plusieurs semaines avant de disposer d’éléments concrets lui permettant d’ajuster sa politique monétaire en conséquence, maintenant les investisseurs dans l’expectative.



