Dans un mouvement qui interroge sur la stratégie commerciale de Ripple, la société blockchain a participé au financement de Flutterwave, plateforme de paiement panafricaine, valorisée à 3,2 milliards de dollars. La particularité de cet accord réside dans le choix technologique : Ripple a privilégié son stablecoin RLUSD plutôt que son token historique XRP pour alimenter l’infrastructure de paiements transfrontaliers.
Le stablecoin RLUSD s’impose sur le continent africain
Cette décision marque un tournant dans l’approche de Ripple sur les marchés émergents. Flutterwave, qui opère dans 34 pays africains, traitera désormais ses transactions internationales via RLUSD, le stablecoin adossé au dollar lancé par Ripple. Ce choix s’explique par la stabilité requise pour les opérations commerciales quotidiennes, là où la volatilité du XRP pourrait représenter un frein pour les entreprises et commerçants africains.
Un positionnement stratégique pour Ripple
L’investissement dans Flutterwave permet à Ripple de s’ancrer solidement sur le marché africain des paiements, estimé à plusieurs milliards de dollars et en forte croissance. La fintech nigériane traite déjà des millions de transactions pour des entreprises locales et internationales. En imposant RLUSD comme infrastructure de paiement, Ripple sécurise un cas d’usage concret pour son stablecoin, lancé récemment pour concurrencer l’USDT et l’USDC.
Impact marché : divergence entre XRP et la stratégie stablecoin
Cette annonce soulève des questions pour les détenteurs de XRP qui anticipaient une adoption massive du token dans les corridors de paiement. Le choix du RLUSD confirme que Ripple développe une stratégie à deux vitesses : XRP pour la liquidité institutionnelle et les banques, RLUSD pour les paiements commerciaux quotidiens. Pour la finance traditionnelle, ce partenariat illustre la pénétration croissante des stablecoins dans les infrastructures de paiement réelles, particulièrement sur les marchés où les devises locales sont volatiles.
Ripple démontre ainsi sa capacité à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque marché, quitte à écarter temporairement son actif phare au profit d’une solution plus stable et prévisible pour les acteurs économiques africains.